Lexique

Les techniques de la marionnette prennent leur source dans les arts traditionnels de plusieurs continents. Cet art connait aujourd’hui un renouveau extraordinaire qui le place à la pointe de la recherche contemporaine pour les arts de la scène.

Le théâtre de marionnettes est une forme de théâtre dissocié : le comédien-manipulateur prête vie à la marionnette en l’animant. Le corps du comédien est distinct de celui du personnage dramatique, contrairement au théâtre d’acteurs. Le comédien-marionnettiste agit grâce à un autre corps auquel il donne vie.



Automate
Objet contenant des dispositifs mécaniques ou électriques qui lui permettent d’exécuter une suite déterminée d’opérations. Les constructeurs d’automates ne sont pas des marionnettistes, ils créent un mouvement irréversible qui n’aura de fin que lorsque l’énergie qui meut la mécanique sera épuisée.

Castelet
Le castelet traditionnel sépare physiquement et symboliquement deux espaces simultanément contigus : un espace réel, qui est celui où se pratique la manipulation, et un espace virtuel où sont présentées les marionnettes et leurs actions.

Manipulation à vue
Prise en main et mise en mouvement de façon visible, la manipulation étant l’activité principale du marionnettiste dit aussi « manipulateur ».

Bunraku
Tradition théâtrale japonaise datant du XVIIè siècle, le bunraku est interprété par un seul récitant chantant tous les rôles ainsi que trois manipulateurs. Les marionnettistes sont visibles par le public, la gestuelle est réaliste ou stylisée.

Marottes
Pour les marottes, la main du marionnettiste est remplacée par un bâton, qui peut être ou non recouvert de tissu. Leur nom viendrait de la poupée à grelots qu’agitaient les bouffons de cour. Ce bâton les libère de la main et leur permet la miniaturisation ou le gigantisme.

Marionnettes à baguettes
Dites aussi marionnettes à tiges chinoises, elles sont actionnées horizontalement - comme celles du théâtre d’ombres turc et grec.

Marionnettes à clavier
Marotte articulée et muée par des fils qui sont reliés à des touches montées sur la tige principale. Cette marionnette est assez proche de l’automate ou du pantin. On la fixe souvent sur un socle que le montreur déplace sur le plan de jeu. Utilisée aujourd’hui par des montreurs africains pour des spectacles ambulants.

Marionnettes à fils
Manipulées par au-dessus, libérées de leur tringle, les marionnettes à fils sont animées par un nombre toujours grandissant de commandes ; si elles n’ont pas de tiges principales, elles ont un « contrôle » qui centralise les fils.

Marionnettes à gaine
La tête et les mains sont faites en bois, le manipulateur glisse sa main dans la jupe afin d’actionner les bras de la marionnette du pouce et du majeur, et la tête de l’index. Les marionnettes à gaine se situent dans la tradition des burattini italiens, l’exemple le plus célèbre étant Guignol.

Marionnettes à la planchette
Marionnettes manipulées par les colporteurs au Moyen Âge, qui tendaient un fil de leur genou à un petit poteau, animant les poupées du mouvement de leur jambe.

Marionnettes sur table
Le plateau horizontal d’une table constitue l’espace scénique d’acteurs de théâtre miniature. La manipulation se fait à vue, les montreurs se tiennent derrière le plateau et manipulent les marionnettes de manière frontale. La table est généralement recouverte de draps noirs.

Marionnettes à tiges
Manipulées par en dessous, comme les marionnettes à gaine, les marionnettes à tiges sont surtout employées dans le théâtre d’ombres tel qu’il est pratiqué, notamment, en Indonésie.

Marionnettes à tringle
Manipulées par au-dessus, elles sont traversées d’une tringle métallique qui les prend du bas du tronc à la tête ; leur taille varie selon l’importance du personnage qu’elles représentent. C’est l’ancêtre de la marionnette à fils.

Théâtre d’objets
Variante de l’art de la marionnette qui utilise non pas des marionnettes, mais qui détourne des objets issus, entre autres, de la récupération ou de la production industrielle et manufacturée.

Théâtre d’ombres
Variante dont la matière première est la lumière : il y a les marionnettes qui sont jouées directement à vue du public et celles dont l’ombre, projetée par une source lumineuse, se découpent sur un écran (silhouettes découpées ou personnages formés par l’ombre de la main et des doigts).

Théâtre de papier
Variante de l’art de la marionnette dont le matériau dit l’essentiel (origine : les salons bourgeois du second Empire).

Théâtre de figures
Variante de l’art de la marionnette à substance européenne qui refuse l’appellation française « marionnette » renvoyant à la « petite poupée » (origine : « figura » en Italie, « Figuren » en Allemagne).

Théâtre de formes animées
Variante de l’art de la marionnette dont la dénomination n’est plus utilisée depuis une quinzaine d’années. La dénomination actuelle est « théâtre d’objets animés ».

© Arcade PACA - Collection Repères [n°7 - Avril 2009]
© 100 mots pour comprendre - Les arts de la marionnette par Anne et Robert Cara / CRDP Champagne-Ardenne, 2011